Chaque hiver, un client repart de ma fromagerie avec un beau morceau de beaufort pour son gratin. Puis il m’avoue, un peu gêné, qu’il n’a plus de four. Seulement un airfryer. Je le rassure : gratins, lasagnes et flans y cuisent très bien, à condition de choisir le bon plat et le bon réglage.
Les bons réglages en un coup d’œil
Voici les repères que j’utilise pour un panier de 4 à 6 litres et un plat d’environ 20 cm. Chaque modèle chauffe à sa façon. Gardez donc une marge de quelques minutes et vérifiez toujours la cuisson avant de servir.
| Plat | Température | Durée indicative | Contenant conseillé | Fromage pour gratiner | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|---|
| Gratin dauphinois | 160 °C, puis 180 °C | 25 à 30 min, puis 5 min | Plat en verre ou céramique peu profond | Comté, beaufort | Couche fine pour cuire à cœur |
| Lasagnes | 200 °C | 15 min (10 couvertes, 5 à découvert) | Petit plat allant au four | Parmesan, mozzarella | Feuilles sans précuisson, sauce chaude |
| Flan en ramequins | 150 °C | 18 à 25 min | Ramequins en verre ou céramique | Aucun | Centre encore tremblotant |
| Flan pâtissier | 160 °C | 25 min environ | Moule rond et haut | Aucun | 3 h de repos au frais |
| Flan salé au fromage | 160 °C | 17 à 20 min | Plat rond ou fond de tarte | Comté, chèvre frais | Pique-test qui ressort sec |
Pourquoi ces plats réussissent si bien au airfryer
Un airfryer fonctionne comme un petit four à chaleur tournante. L’air brûlant circule vite dans une enceinte réduite. Le dessus d’un plat dore donc beaucoup plus rapidement qu’au four classique.
Cet avantage devient un piège avec les plats épais et crémeux. La croûte peut brunir alors que le cœur reste ferme. D’où ma règle de base : une température plus basse qu’au four, et une finition plus chaude en fin de cuisson.
Le gain se joue aussi sur la consommation. Préchauffer un grand four pour un gratin de deux parts n’a pas beaucoup de sens. L’airfryer chauffe en trois à cinq minutes.
Le plat, un choix qui conditionne tout
Avant de parler fromage, parlons contenant. Un plat trop grand bloque la circulation de l’air et la cuisson devient inégale. Laissez au moins un centimètre de vide sur chaque côté du panier.
Le verre borosilicate en premier choix
Pour les préparations liquides comme un flan ou une béchamel, je conseille d’utiliser des plats spéciaux. Pyrex propose depuis 2024 une gamme en verre borosilicate trempé dimensionnée pour les paniers.
Selon les références, ces plats supportent jusqu’à 300 ou 350 °C, bien au-delà de ce qu’atteint un airfryer. Ils passent aussi au congélateur, jusqu’à -40 °C. Le verre transparent a un autre mérite : vous voyez la sauce bouillonner sur les bords.
Une précaution s’impose malgré tout. Évitez de poser un plat brûlant sur un plan de travail mouillé ou de le plonger dans l’eau froide. Le fabricant le déconseille clairement.
Le matériel
- Un plat en verre borosilicate ou en céramique adapté au panier
- Des ramequins individuels pour les flans
- Une petite feuille d’aluminium pour couvrir le dessus
- Une pique en bois pour tester la cuisson
Aluminium et papier cuisson : avec modération
Philips déconseille l’aluminium et le papier sulfurisé dans ses appareils, car ils réduisent le flux d’air. Une feuille posée sans aliment peut même être aspirée vers la résistance et brûler.
Pour couvrir un plat, je me contente donc d’une feuille bien ajustée sur ses bords. Jamais au fond du panier.
Le gratin : douceur d’abord, croûte ensuite
Le dauphinois, version panier
Tranchez les pommes de terre finement, à la mandoline si possible. Une couche de trois ou quatre centimètres suffit. Au-delà, le cœur peine à cuire avant que le dessus ne brunisse.
Je lance la cuisson à 160 °C pendant 25 à 30 minutes. La lame d’un couteau doit s’enfoncer sans résistance. Je passe ensuite à 180 °C pour les cinq dernières minutes.
Cette dernière étape fait toute la différence.
Quel fromage pour une croûte réussie
Le puriste dira que le vrai dauphinois se passe de fromage. Je respecte cette tradition, mais mes clients aiment la croûte dorée. Pour eux, je recommande un comté de 12 à 18 mois, râpé finement.
Le beaufort fond plus souplement et apporte une note de noisette. Pour une version plus généreuse, quelques tranches de reblochon posées en surface transforment le plat en repas complet.
Un conseil de fromager : ajoutez le fromage à mi-cuisson, pas au départ. Il aura le temps de fondre puis de dorer, sans noircir. Et ne touchez plus au plat une fois la couche posée.
Les lasagnes, en petit format
Les lasagnes paraissent ambitieuses pour un airfryer. Pourtant, Barilla les présente comme une recette adaptée à l’appareil, avec ses feuilles prêtes à cuire. Le secret tient au format : un plat pour deux ou trois personnes, pas davantage.
Monter et cuire des lasagnes à l’airfryer
- Préchauffez l’appareil entre 175 et 185 °C.
- Étalez une couche de sauce chaude au fond du plat pour éviter que les feuilles n’accrochent.
- Alternez feuilles, sauce et fromage en terminant par la sauce.
- Couvrez d’aluminium et cuisez 10 minutes à 200 °C.
- Découvrez et prolongez 5 minutes pour dorer le dessus.
- Laissez reposer 5 à 10 minutes avant de couper.
Pensez à cuire la viande hachée avant le montage. Le temps passé dans l’appareil est trop court pour la saisir correctement.
Côté fromage, la mozzarella apporte le filant. Égouttez-la bien, sinon elle rend son eau et détrempe les feuilles. Un parmesan affiné 24 mois, râpé sur le dessus, donne une croûte sèche et parfumée.
Le repos final n’est pas un détail. Il laisse les couches se raffermir, et chaque part se tient à la découpe.
Les flans, sucrés ou salés
Le flan aux œufs et le flan pâtissier
Le flan est sans doute le plat qui surprend le plus mes clients. L’airfryer le cuit sans bain-marie, en ramequins, à 150 °C pendant 18 à 25 minutes.
Retirez-le quand les bords sont pris et le centre encore légèrement tremblotant. La cuisson se termine pendant le refroidissement. Un flan trop chauffé se couvre de bulles et finit par rendre de l’eau.
Pour un flan pâtissier entier, je monte à 160 °C pendant 25 minutes environ. Choisissez un moule haut qui entre dans votre panier. Comptez ensuite au moins trois heures au réfrigérateur avant de le démouler.
Le flan salé, terrain de jeu du fromager
Œufs, lait, assaisonnement et fromage râpé : la base est simple. Je l’aime avec du comté et quelques oignons fondus au fond du plat. Comptez environ 17 minutes à 160 °C, jusqu’à ce qu’une pique ressorte sèche.
Le chèvre frais fonctionne aussi très bien, émietté avec des courgettes. Pour un caractère plus marqué, une petite quantité de bleu d’Auvergne suffit. Au-delà, il écrase le reste.
Préparer à l’avance, conserver et réchauffer
Ces plats se prêtent bien à l’organisation. Un gratin peut être précuit 15 à 20 minutes, puis congelé dans son plat en verre. Il se termine ensuite à 180 °C pendant 25 à 30 minutes, le temps de décongeler et de dorer.
Par prudence, je laisse le plat quelques minutes à température ambiante avant de l’enfourner. Même un verre résistant n’aime pas les écarts brutaux.
Les restes de lasagnes se réchauffent à 150 °C pendant 8 à 10 minutes, couverts d’aluminium. La surface reste fondante et le fromage ne sèche pas. Pour un reste de dauphinois, 5 à 9 minutes à 180 °C, couvert également, suffisent selon la quantité.
À retenir
- Une température plus basse qu’au four, puis un coup de chaleur final pour dorer.
- Un plat qui laisse circuler l’air, idéalement en verre borosilicate.
- Le fromage ajouté à mi-cuisson pour une croûte dorée sans brûler.
- Un plat chaud ne se pose jamais sur une surface froide ou humide.
Les flans, eux, se gardent au réfrigérateur, filmés, et se dégustent de préférence dans les deux jours. Je ne les réchauffe jamais. Un flan se mange frais, ou à température ambiante pour une version salée servie avec une salade.



